06.10.2014

Une politique européenne ambitieuse sur le climat ne peut réussir que par une politique en faveur d’une industrie forte créatrice de produits, d'emplois et de valeur

Lettre ouverte de 60 présidents d’industries sidérurgiques européennes aux Chefs d’État et de Gouvernement; Président du Parlement européen; Président et Président désigné du Conseil européen; Président et Président élu de la Commission européenne.

Nous partageons tous l’ambition de l’Union Européenne de trouver une réponse adaptée aux enjeux du changement climatique. Pour être efficace, une telle réponse doit s’appuyer sur une politique qui soutient une industrie manufacturière solide avec des emplois en Europe. Une telle politique bénéficierait sans nul doute à l’Europe toute entière. Nos produits, nos solutions à base d’acier, nos salariés sont les fondements d’une société prospère, efficace sur le plan énergétique et peu émettrice de carbone.

Quatre millions d’emplois directs dans le secteur des industries électro-intensives en Europe sont concernés, sans compter les emplois indirects tout au long de la chaîne de valeur et des autres activités qui en dépendent.

N’est-il pas raisonnable qu’au moins les producteurs européens les plus efficaces en matière d’émissions de CO2 ne soient pas désavantagés par des mesures contraignantes liées à la politique climatique européenne alors même qu’ils doivent faire face à des concurrents globaux ?

Si aucune mesure efficace de protection n’était prise, le système d’échange de quotas d’émissions de l’Union Européenne pourrait coûter entre 70 et 100 milliards d’euros à l’industrie sidérurgique européenne entre 2020 et 2030. Les mesures actuellement mises en place pour protéger le secteur n’auront plus d’effet pour beaucoup d’entre elles, d’ici à 2020. Même pour les installations les plus efficaces, les quotas d’émissions distribués gratuitement auront été réduits de 75 % alors même que les prix de l’électricité, déjà deux fois plus élevés pour l’industrie européenne que partout ailleurs dans le monde, augmentent considérablement.

Il ne suffit pas de dire que les mesures concernant la fuite de carbone devraient être maintenues, il faut que ces mesures soient maintenues à hauteur de 100% pour les installations les plus efficaces. Elles ne doivent pas être réduites ou supprimées progressivement, de façon détournée, par de soi-disant facteurs de correction.

Ce que nous attendons du Sommet européen des 23 et 24 octobre 2014 est simple : une indication claire que le nouveau cadre européen en matière de climat et d’énergie n’imposera pas - pour ce qui concerne les installations les plus performantes- de coûts directs et indirects pour le CO2 aux industries européennes, alors que celles-ci sont soumises à la concurrence internationale.

En mars 2014, les Chefs d’État ont promis que la décision sur le nouveau cadre politique fournirait les bases nécessaires à la croissance en Europe. Nous soussignés, Présidents des industries sidérurgiques européennes, sommes confiants dans cette promesse. Cliquez ici pour voir le signatures

Retour aux nouvelles

Retour aux nouvelles